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La Feria de Los Dominicos

Samedi, je suis enfin allé faire mes achats de fruits et légumes sur la « feria » de Los Dominicos. C’est l’équivalent de nos marchés. Depuis mon arrivée, comme je logeais dans un appart hotel, je faisais mes courses dans un supermarché. Une fois les adresses en poche et ma cuisine aménagée, je peux aller à la rencontre des producteurs. Avant de vous parler de ce marché, laissez-moi vous présenter brièvement la vie « alimentaire » à Santiago.

Santiago est une capitale de 6 millions d’habitant, répartie par quartier. J’habite dans le nord est de la ville, en montant dans la cordillère, là où la pollution est moindre. La ville est construite sur le modèle américain avec de longues et larges avenues. Il faut de suite oublier le modèle européen avec ses petites rues étroites, pittoresques et commerçantes. Les petits bouchers, charcutiers, pâtissiers et épiciers n’existent pratiquement pas. La majorité des achats alimentaires se font dans les hypermarchés, installés dans des grands « mall » avec plus de 500 autres boutiques. Il y a aussi des supermarchés de quartier où l’on achète même le pain. Au cœur de la ville, « centro » se trouvent bien sûr quelques rues piétonnes avec des commerces non alimentaire, le « Mercado Central » (un grand marché de poisson couvert) et « La Vega » (une sorte de rungis de fruits et légumes). Ces deux marchés sont plutôt destinés aux professionnels et aux locaux résidents au centre. C’est très typique mais rustique. Les conditions d’hygiène m’ont fait frémir. Pour un « gringo », un étranger comme moi, il est préférable de maîtriser les coutumes et la langue du pays, avant de s’aventurer là-bas (conseil de mes voisins chiliens). En plus, il me faut plus de 30 minutes en voiture, en empruntant le périphérique limité à 110 km/h. Ce sont donc deux marchés où je ne pourrais pas aller toutes les semaines.

Depuis quelques années, dans les différents quartiers de la ville, se développent les « Feria ». Ce sont des marchés où les producteurs de la région viennent vendre directement aux consommateurs. Ils s’établissent certains jours de la semaine mais semblent encore minoritaires comparé à la taille de la ville. Mais comme les Chiliens adorent leur grand « mall », ouvert de 9h à 23h, ces marchés sont plutôt des « niches » pour les gastronomes. Samedi matin, j’ai donc pris mes paniers, direction la « feria » de « Los Dominicos ».

« Los Dominicos » se trouve tout en haut de l’avenue Apoquindo, dans le quartier de Las Condes. On arrive sur une grande place en arc de cercle, très verdoyante, avec ses palmiers, ses lauriers rose et son architecture coloniale du 18ème siècle. Il y a 30 ans, c’était encore un minuscule village à 30 minutes de Santiago. Maintenant, il est encerclé. On trouve « Pueblito Los Dominicos » (suivre le lien pour le site officiel) (le village des artisans dont je vous parlerais prochainement) et la chapelle « Los Padres de la Recoleta Dominica » aussi appelée « Eglésia Los Dominicos ». A côté, se tient chaque mardi et samedi un marché de fruits et légumes.

Je commence par faire un tour d’horizon, avec mon appareil photo, pour vous laisser quelques photos. Certains sont spécialisés dans les fruits. En cette fin d’été, pêche, nectarine, fraise, framboise, mûre, melon et pastèque sont sur les étalages. Il y a aussi des fruits importés comme l’ananas et la banane. Il y a aussi pomme, poire, raisin et quelques fruits que je ne connais pas. Mais il y a surtout des avocats,  et oui, c’est un fruit ! 135 millions de tonne sont produits chaque année puis exportés dans le monde. Pour les légumes, ce sont tomate (qui est aussi un fruit), courgette, aubergine, concombre, laitue, maïs, pomme de terre, poivron et haricot. Je remarque également beaucoup d’herbes fraîches, basilic, coriandre, persil et estragon, le plus souvent vendu en grosse botte et avec racine pour accroître la durée de conservation. Globalement, les produits sont plus beaux qu’en supermarché, où ils sont souvent pas mûrs ou abimés. Il paraitrait que le Chili exporte ses plus beaux produits et laisse les moins « jolis » à ses propres consommateurs. Vu l’état des fruits et légumes en supermarchés, j’accepte volontiers ces rumeurs. Pour en revenir au marché, je suis heureux de rencontrer les producteurs, d’acheter des produits de qualité (à l’heure où j’écris ces lignes je déguste une nectarine blanche juteuse et parfumée) et de dépenser beaucoup moins qu’au supermarché. Ca compte aussi ! Même si pour 1.000 pesos, environ un peu plus d’1 euro, je peux mettre 6 courgettes dans mon panier, soulignons que, ici, le salaire moyen est de 420 euros et qu’une femme de ménage, profession très représentée et très protégée par les syndicats, ne gagne que 12 euros par jour.

Qu’en sont-ils de la viande et du poisson ? La viande s’achète principalement dans les supermarchés où l’on trouve une très bonne qualité selon les enseignes. Il y a de grands rayons boucherie avec un large choix de viande de bœuf, classée par catégorie et par origine (Chili, Argentine, Paraguay, etc.), présentée en grosse pièce de plusieurs kilogrammes sous vide. A la demande, les bouchers ouvrent les sachets, taillent tournedos, onglet et autres pièces, dégraissent, puis pèsent et facturent la viande nette. C’est souvent le contraire en France où l’on paie les déchets. Pour le poisson, je vais pour le moment au supermarché où il y a des arrivages quotidiens. On trouve du congre, rien à voir avec notre espèce méditerranéenne, bar, daurade et merlu pour les espèces pêchées le long de la côte. Il y a aussi des élevages de saumon. On trouve également des poissons d’importation comme le mérou, le thon et l’espadon. Comme c’est un pays côtiers, il y a de nombreux coquillages : Saint-jacques, palourde, praire, moule, langouste, etc. Ma voisine Cécilia, aussi gourmande et gourmet, m’a parlé d’une grande halle aux poissons et aux fruits de mer à proximité de la maison. Nous avons prévu d’y aller vendredi matin car elle doit cuisiner pour son fils qui vient la voir pour le week-end. Mais là, ce sera un autre récit.

Comments

Ty

J’ai beaucoup apprécié la lecture de cet article. La découverte de – ce que je considère comme – l’autre bout du monde représente une véritable bouffée d’air. Il y a là de l’intérêt, il y a là de l’exotisme… il y a là comme une envie de tenter. Personnellement, cela me donne l’envie de partir, non pas pour vivre ce que vous vivez, partagez et exprimez… mais bien pour découvrir les trésors que cachent toutes ces personnes réparties sur la planète. Les us, les coutumes, les idées, les façons d’appréhender la vie… tout enrichi. Je continuerai à venir me nourrir de vos articles. Simplement : merci de nous associer à ce que vous vivez.

mouk

Bonsoir Fabrice .
Ravie d’avoir eu de vos nouvelles .
C’est avec beaucoup d’attention que j’ai lu votre récit qui est
trés intéressant .Merci .
A bientôt avec de nouvelles recettes . Mouk .

Tereza

Bonjour! Et bon courage a s’habituer a la « supermarcadisation » des Chiliens! J’ai une petite conseil a demander, meme si je suis une « habituee » du Mercado Central: comment on dit praires en espagnol? Et les daurades dont vous parlez, sont-ce les « reinetas »? Desolee de vous « embeter » avec ce type de question, mais je suis une auto-didacte totale venant d’un pays qui n’a pas de mer…donc entre le francais et l’espagnol, c est dur! Sinon, j ai vu que meme pendant votre temps au Chili, vous avez publie des recettes pour l’agneau: j’ai une question pareil donc: vous avez une adresse ou est-ce qu’on peut trouver de l’agneau (de veau, de canard…) a Santiago?

Sinon, j espere secretement que vous etes venus a Santiago pour ouvrir un resto. Un bon petit resto francais, c’est vraiment ce qu’il faut ici!!! Je m’imagine que vos pas ont aussi mene vers « Open », un petit bar a vin a Vitacura dont le proprietaire est un francais et ou on sert des bons petits plats…

Canotte

Bonjour cher Fabrice,
Merci de nous faire partager votre belle aventure. Bravo pour porter si loin la culture française j’espère que votre nouvelle vie sera riche non seulement financièrement, mais surtout riche des personnes que vous rencontrerez. Le Chili est un pays étrange tout en longueur et avec des paysages sublimes. Mon rêve serait de visiter l’Argentine mais je crois que cela ne se fera jamais, finalement une vie c’est bien court et notre planète est si belle, si vaste. Vous avez eu raison. C’est avec grand plaisir que je suivrais vos articles. Canotte

Nouchka

Bonjour Fabrice,

Grâce à votre article je viens de m’évader de mon petit coin de paradis. Très intéressant de se faufiler avec vous et faire ses courses chez les petits producteurs….

lully

…Histoire à suivre d’un baroudeur plein de charme…
Bonjour Fabrice, bien heureuse de vous lire. Je crois que pour les personnes qui apprécient le poisson et les crustacés, c’est le paradis.
Je crois aussi que les repaires sont pris et que votre passion culinaire prend des couleurs chaudes. Je prendrais bien également mes paniers direction « La feria » et écouter les bruits…
Excellente fin de semaine Fabrice.
danielle

fabrice

Bonjour, effectivement, la daurade au Chili, du même genre mais un peu plus grande, s’appelle « reineta ». pour parler poisson, il y a aussi le bar « robalo » et le « corvina », poisson à chair ferme, délicieux, faisant penser au cabillaud ou à l’empereur. la praire se dit « almejas » et l’on en trouve partout. concernant l’agneau, j’en ai souvent trouvé au supermarché unimarc, situé sur apoquindo et el bosque.

Tereza

Merci beaucoup pour la reponse! Je fais regulierement la reineta et la corvina (on adore), mais j ai jamais essaye el robalo! A decouvrir, alors! En ce qui concerne las almejas, je les fais souvent, mais j ai pense que c’etait des « paloudres ». Ah, qc c’est complique!!! Merci aussi pour l’adresse pour l’agneau! Bon courage pour la suite!

Dada

ça donne envie de se ballader au milieu de ces parfums! Je suis sûre que j’aimerais. Merci pour le partage.

Dom76

Merci de nous faire partager votre découverte du marché au Chili. On s’y croirait !

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