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Séisme au Chili, 1 an après

Le séisme qui a secoué le Chili le 27 février 2010 est désormais appelé « F-27 ». Il est dans toutes les consciences, par son intensité et par l’ampleur de ses dégâts. 2.000.000 de personnes ont été directement touché sur 16.000.000 d’habitants. Plus de 500.000 personnes ont tout perdu…

En chiffres :

  • 8,6 : valeur du séisme sur l’échelle de Richter (35 fois plus fort que le séisme de Haïti)
  • 2 minutes 45 : c’est la durée du tremblement de terre
  • 5ème séisme le plus fort dans l’histoire du monde moderne. Le plus important de l’histoire de la planète, 9,6, a eu lieu au Chili le 22 mai 1960
  • 13 mètres : c’est la hauteur de la vague du tsunami qui a frappé la côte chilienne
  • 400 : c’est le nombre de réplique supérieur à 4,5 dans le mois qui a suivi
  • 8 cm : c’est le décalage de l’axe de rotation de la terre après le séisme
  • 15 cm à 4,3 mètres : c’est l’augmentation de l’élévation du sol par rapport au niveau de la mer suite au séisme (70 cm pour Santiago)
  • 29.663 millions de dollars de dégâts (18% du PIB) dont 3.943 millions pour les particuliers
  • Plus de 2.000.000 de personnes sans abris
  • 799 morts

Le Chili est situé le long d’une fosse océanique « Pérou-Chili », où la plaque de Nazca (l’océan pacifique) s’enfonce sous la plaque sud-américaine (le continent), à un rythme de huit centimètres par an. Cette configuration géologique est responsable d’un nombre conséquent de tremblement de terre avec un risque important de tsunami. Chaque jour, ce sont pas moins de 5 secousses d’au moins 4 sur l’échelle de Richter qui sont ressenties dans le pays. Presque toutes les villes Chilienne, ont déjà été touchées par un séisme au cours du 20ème siècle, voir plusieurs fois détruites. Le séisme du 22 mai 1960, 9,6 sur l’échelle de Richeter, s’était étendu sur plus de 1.000 km et créa un tsunami sur toute la côte pacifique.

Que se passe t’il pendant un tremblement de terre aussi fort ? La terre ondule au rythme des ondes qui peuvent prendre différentes formes. En campagne, on peut voir comme des vagues de terre se former. En ville, immeubles et maisons se balancent. Plus l’architecture est élevée, plus elle se balance. Le 10ème étage d’un immeuble se déplace de plus d’un mètre. De l’extérieur, on voit les tours se balancer de gauche à droite, sans tomber, puisqu’elles bénéficient d’une construction parasismique. A l’intérieur, portes et fenêtres s’ouvrent et se ferment. Les meubles se renversent et se déplacent. Les cloisons légères se fissurent ou s’effondrent. Les mouvements sont tels que tous les chambranles de portes se déforment. Les céramiques peuvent éclater sous la pression. Dans les piscines se forment des vagues de plus d’un mètre. A la fin du séisme, elle se sera vidée d’au moins un tiers. Les constructions anciennes ou légères ne résistent pas à un tel séisme. En maison, il est possible de s’échapper avant qu’elle ne s’effondre. Bloqué dans un immeuble, on croise les doigts… Sur la côte, avant que la vague ne s’approche, le temps est suffisant pour courir se réfugier dans la montagne… C’est un sentiment horrible où l’on sent que la mort approche. On pense à tous les siens et on espère que la terre va se calmer. Mon appartement sera détruit, mais je serais relogé dans les heures qui suivent avec Ramon et Lucky, mes 2 chats, retrouvés sains et sauf sous les meubles.

A voir impérativement sur youtube :

Vidéo amateur séisme et tsunami du 27 février

Pendant les heures qui suivent, surgit un véritable chaos. L’absence d’électricité provoque une rupture totale de communication. Les uns s’échappent, les autres restent chez eux, attendant anxieusement les répliques. Peu à peu, les informations proviennent. Très rapidement, les secours se déploient avec plus ou moins d’organisation. 3 jours de deuil national sont immédiatement décrétés pour pleurer les 799 victimes. Le gouvernement refuse au début l’aide humanitaire internationale, puis finalement se ravise une semaine plus tard vu l’ampleur des dégâts. Les entreprises des bâtiments sont à pied d’œuvre pour dégager, reconstruire et remettre en état. Les bénévoles surgissent de partout, parmi les étudiants, les salariés, les ouvriers et la famille. Partout naissent des actions pour collecter de l’argent et de la main d’œuvre, comptant sur le civisme national. Pendant ce temps, les plus touchés, souvent les plus démunis, s’insurgent et se révoltent car l’aide n’arrive pas suffisamment rapidement. C’est le temps des pillages et des couvres feu. Le pays est paralysé, les approvisionnements ne se font plus. Le séisme s’est ressenti sur un périmètre de 500 km, couvrant la partie la plus peuplée du pays. Régions, villes et quartiers sont plus ou moins vite remis en ordre. Certaines populations passeront des semaines voir des mois dans des campements. Un an plus tard, on continue à construire des chalets en bois pour reloger.

Contrairement à d’autres pays, malheureusement dirigés par une dictature pilleuse, le Chili est paré au tremblement de terre, par son système d’alerte, ses constructions parasismiques, sa politique et son orgueil national. En moyenne, tous les 5 ans, le pays connaît un tremblement d’au moins 7,5, parfois dans des zones inhabités, parfois dans des zones surpeuplés. Certaines villes, comme Concepcion, Valdivia ou Valparaiso ont été plusieurs fois détruites. Le centre du pays, Santiago, où réside 6 millions d’habitants, n’a jamais été sur l’épicentre. Sauf que, récemment, les géologues ont dévoilé que la ville était construite sur une faille. Elle traverse toute la ville qui tôt au tard bougera…

En hommage à tous les chiliens et résidents au Chili.

Comments

Elise

Il m’a fallu 8 minutes pour vous lire et visionner cette terrible vidéo. Il à fallu aux Chiliens moins de 3 minutes pour tout perdre dans des conditions que l’on ne peut imaginer… Celà fait réfléchir… J’en ai la chair de poule …

Et vous, vous avez dû être profondément choqué!…

Merci Fabrice pour cet hommage…

Domi

Bonsoir Fabrice,

Je crois qu’ELISE a bien résumée ce que l’on
peut ressentir en visionnant la vidéo.
Merci pour le résumé, instructif et impressionnant
par les chiffres dont vous faites part.
Je crois qu’on ne peut s’imaginer ce que c’est.

Merci Fabrice,

Bel hommage au peuple chilien.

Bises

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